Le chiasme
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Cet article comporte des transcriptions phonétiques, indiquées entre crochets selon les conventions de l’alphabet phonétique international (API). Pour vous familiariser avec les principaux symboles de l’API utilisés pour transcrire le français et savoir à quel son correspond chacun, consultez l’article Les symboles de l’alphabet phonétique international.
Le chiasme, dont le nom se prononce [kjasm] (kiasm), et non [ʃiasm] (chiasm), est une succession de constructions composées d’éléments semblables, généralement de même catégorie grammaticale ou de même fonction syntaxique, dont l’ordre est inversé d’une construction à l’autre.
Le chiasme permet de créer un rythme particulier. Comme le parallélisme, il peut mettre l’accent sur la ressemblance ou sur la différence des mots employés dans un ordre différent. Le chiasme est d’ailleurs souvent employé de concert avec l’antithèse.
Par exemple, si l’on trouve un nom suivi d’un adjectif dans une première construction, on trouvera un adjectif suivi d’un nom dans la deuxième. Les éléments du chiasme sont donc disposés selon l’ordre AB, B'A', à la différence de ceux du parallélisme, dont la disposition est plutôt AB, A'B'.
- Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu. (Hugo)
- Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. (Racine)
- Ces murs maudits par Dieu, par Satan profanés. (Hugo)
- J’aime mieux un vice commode
Qu’une fatigante vertu (Molière)
Les éléments du chiasme qui sont repris dans l’ordre inverse sont parfois les mêmes mots. Dans ce cas, il s’agit plus précisément d’une antimétabole, qu’on appelle aussi réversion ou régression.
- Blanc bonnet et bonnet blanc
- Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. (Molière)
- J’ai appris qu’une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie. (Malraux)
- On passe les trois quarts de sa vie à faire sans vouloir et à vouloir sans faire. (Malraux)