Protéger et ses compléments
Le verbe protéger peut signifier « mettre à l’abri d’un danger (une personne ou une chose) » ou « faciliter, favoriser le développement (d’une activité, d’un comportement), la réussite (d’une personne) ». Il requiert un complément direct, auquel s’ajoute parfois un complément indirect introduit par la préposition de ou contre, ou un complément de phrase introduit par de ou par.
Complément direct obligatoire
Le verbe protéger est un verbe transitif. Il demande toujours minimalement un complément direct.
- La Charte de la langue française protège le français au Québec.
- La mission de cet organisme est de protéger le territoire agricole.
- Elle avait beaucoup souffert, alors elle se protégeait.
- Cette famille a toujours protégé les arts et les lettres.
- La mairesse sortante protégera un nouveau candidat lors des prochaines élections.
Complément indirect facultatif
Au sens de « mettre à l’abri », protéger peut être bitransitif, et admettre à la fois un complément direct et un complément indirect. Celui-ci peut être introduit par la préposition contre ou de, selon le cas.
Le complément indirect représente une chose
Lorsque le complément indirect de protéger désigne une chose, ce complément peut être introduit par la préposition contre ou de, cette dernière se contractant en du ou des devant le ou les.
- Ces mesures visent à protéger notre économie contre la concurrence étrangère. (ou : de la concurrence étrangère)
- Cet abri-soleil nous protège également de la pluie, du vent et des moustiques. (ou : contre la pluie, le vent et les moustiques)
- La construction d’une digue protégerait notre quartier des inondations. (ou : contre les inondations)
Le complément indirect représente une personne
Lorsque le complément indirect représente une personne, il est généralement introduit par la préposition contre.
- Dépensier, il se protégeait contre lui-même en se tenant loin des cartes de crédit.
- J’ai réussi à la protéger contre le voleur de sacs à main.
Complément de phrase
Le verbe protéger peut également être accompagné d’un complément introduit par la préposition de ou par qui n’est pas son complément indirect, mais un complément de phrase. On reconnaît un tel complément au fait qu’il est mobile dans la phrase.
- Cet arbuste protège l’entrée du terrier de ses feuilles abondantes.
ou : De ses feuilles abondantes, cet arbuste protège l’entrée du terrier.
ou : Cet arbuste protège de ses feuilles abondantes l’entrée du terrier. - Son chapeau protégera par son large rebord son visage du soleil.
- De son corps, la louve protégeait ses petits contre les vents violents.
Si le complément de phrase est introduit par de et qu’un complément indirect est également présent, celui-ci est généralement introduit par contre.
Graphie des formes conjuguées de protéger
Dans les formes conjuguées du verbe protéger, devant les voyelles a et o, le g est toujours suivi d’un e : protégeons, protégeais, protégeâtes, etc. De plus, le é est remplacé par un è dans une syllabe fermée, c’est-à-dire une syllabe qui se termine à l’oral par une consonne. C’est le cas au présent de l’indicatif et du subjonctif, aux trois personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel, ainsi qu’à l’impératif, à la deuxième personne du singulier, par exemple protège, protèges, protègent.
Au futur simple et au conditionnel présent, à toutes les personnes, la graphie avec é et la graphie avec è sont toutes deux correctes : protégerai et protègerai, protégerais et protègerais, protégerait et protègerait, etc. La première appartient à l’orthographe traditionnelle, et la seconde est issue des rectifications de l’orthographe de 1990.