Le nom employé comme adjectif a tendance à varier en nombre quand le nom qu’il complète est pluriel, mais l’usage n’est, dans bien des cas, pas encore fixé. De fait, certains ouvrages de langue se limitent à recenser les noms employés comme adjectifs qui varient d’ordinaire en nombre et ceux pour lesquels l’usage est flottant. Par exemple : des congrès monstres, mais des serviettes éponge ou éponges.
Plusieurs dictionnaires de difficultés, par contre, suggèrent l’accord généralisé du nom employé comme adjectif. La BDL aussi. Il est vrai qu’habituellement, le nom ne reçoit pas les marques de genre ou de nombre d’autres mots dans la phrase. Ainsi, certains scripteurs choisissent parfois, dans les cas non consacrés par l’usage, de ne pas faire varier le nom employé comme adjectif. Cela ne saurait être considéré comme fautif, mais il nous apparaît tout de même plus cohérent de proposer l’accord, parce que le nom joue en contexte un rôle syntaxique pareil à celui de l’adjectif. La proposition vise à simplifier le raisonnement grammatical et, somme toute, elle s’inscrit dans la tendance générale.