Emploi du nom passe
L’emploi du nom passe au féminin pour désigner un laissez-passer, que ce dernier ait la forme d’une carte, d’un abonnement, d’une invitation, etc., relève du registre familier au Québec.
Passe au sens de « droit d’accès »
Le mot féminin passe au sens de « droit d’accès » est attesté dans l’usage depuis le XIXe siècle. Certains ouvrages de référence qui en font la critique au Québec voient dans cet usage une influence de l’anglais pass. On le rencontre surtout à l’oral, et il relève d’un registre familier. D’autres options permettent de le remplacer dans des contextes neutres ou soutenus, notamment à l’écrit.
- Il serait avantageux d’acheter un laissez-passer mensuel si vous prenez souvent l’autobus. (ou, familièrement : une passe mensuelle)
- Avec un accès Privilège, les festivaliers et les festivalières auront la chance de découvrir les coulisses des spectacles et de rencontrer une foule d’artistes. (ou, familièrement : Avec une passe Privilège)
- Cette carte annuelle donne accès à tous les parcs du Québec. (ou, familièrement : Cette passe donne accès)
Pour désigner un droit d’entrée à usage unique, on emploiera préférablement billet.
- Elle a son billet pour le spectacle de ce soir. (et non : Elle a sa passe pour le spectacle)
Notons qu’en France, les ouvrages consignent le mot passe (de passe-partout) au masculin, dans le sens de « droit d’accès ».
Le cas de passe de saison
Le terme passe de saison est déconseillé : d’une part, passe est associé au registre familier; d’autre part, la locution de saison ne convient pas sur le plan sémantique. En effet, celle-ci caractérise habituellement un nom qui désigne un produit récolté ou vendu lors d’une saison donnée (légume de saison, article de saison, fleur de saison, etc.). On ne l’emploie donc pas pour parler de privilèges qui seraient accordés pour la durée d’une saison.
- Visitez le site Web de la station de ski pour découvrir les abonnements saisonniers offerts. (et non : les passes de saison)